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Portrait | Gabrielle Piot, Écoféministe Multi-facettes et Engagée

Gabrielle Piot, 2tonnes

À propos de Gabrielle Piot

Pour ce nouvel article du blog des Impactrices, nous vous proposons un billet tout doux, écrit à 4 mains par notre Impactrice Alicia et son invitée, Gabrielle Piot. 

Gabrielle est responsable partenariats et écosystème chez 2tonnes. Écoféministe, alliée décoloniale, inspirante par ses créations de contenu sur LinkedIn et engagée sur plein de projets liés à la transition, elle a rejoint l’équipe des Impactrices cette année, pour notre plus grand bonheur !

Ça vous dit quelque chose, ces discussions où l’on échange longuement, on tricote un fil de pensée qui fait sens et où chaque mot évoqué entraîne la pelote de laine vers un autre sujet, créant un emballement de pensées ? C’est ce qui m’a animé tout au long de ma rencontre avec Gabrielle Piot. Une discussion joyeuse, touchante et émouvante. Une discussion précieuse et bienveillante, où les deux interlocutrices s’écoutent avec attention et prennent le temps d’exprimer leurs idées dans un cadre bienveillant. Dans le climat actuel, comme c’est doux et appaisant !

Mais au fait, connaissez-vous Gabrielle Piot ?

Écoféministe engagée et multi-facettes

Gabrielle se démarque par son sourire infaillible et sa sincérité. Vous la connaissez peut-être en tant que créatrice de contenus sur la transition écologique sur Linkedin ? Ou en tant qu’animatrice de l’atelier 2tonnes ? Ou encore de la Fresque du Climat, des Frontières planétaires et de l’Economie Circulaire ?

En fait, Gabrielle est multi-action. Elle s’embarque partout où elle le peut, guidée par cette envie d’accélérer la transition écologique. Ecoféministe, alliée décoloniale, voilà quelques facettes de Gabrielle qu’on adore chez Les Impactrices et que l’on souhaite vous faire (re)découvrir avec nos mots.

“En tant que personne blanche, je ne peux pas me dire engagée décoloniale, mais alliée. Tout comme, pour moi, un homme ne sera jamais féministe mais peut – et il en faudrait plus ! – être allié féministe. Cela permet de se rappeler qu’on a beau soutenir la lutte de toutes ses forces, on ne saura jamais ce que vivent les opprimé·es que l’on soutient. Cela permet aussi de garder en tête qu’on ne doit pas s’approprier ni récupérer leur lutte… Pour moi, le mot allié·e vient faire un croche patte à l’égo”

Pour Gabrielle, ce sont des engagements qu’elle a à côté d’un travail qu’elle adore. Ah oui, j’oubliais le plus important, Gabrielle est Responsable partenariats & écosystème chez 2tonnes. Là où avant, elle avait un travail à côté de ses engagements, désormais c’est bien l’inverse. Une nuance qui fait la différence ! Mais forcément, quand nous évoquons ses nombreuses activités, les semaines n’ayant toujours que 7 jours, le sujet qui vient rapidement à nous est celui du risque d’épuisement dans le milieu activiste.

“C’est un peu le complexe de la sauveuse”

Les 5 conseils de Gabrielle Piot pour trouver son équilibre entre travail et engagement bénévole

La santé mentale. Tendance des préoccupations du nouveau gouvernement (enfin au moment de l’écriture de l’article) mais surtout ! et nous en sommes fières, le thème du Printemps des Impactrices 2024 (Comment maintenir son engagement sur le long terme et sans s’épuiser physiquement, mentalement et économiquement ?). Nombreu.ses sont les activistes qui tirent sur leur propre corde, négligent leurs émotions, et risquent de s’épuiser. Le combat pour un avenir durable est un marathon. Alors comment fait Gabrielle ? Est-elle une surfemme ? Quels sont ces conseils pour (sur)vivre à son engagement ?

1- Accepter ses limites

Cela n’a pas toujours été simple. Aujourd’hui Gabrielle a son propre mantra : “montrer ses faiblesses pour normaliser la vulnérabilité”. Ce mantra lui permet d’être au plus près de ses émotions et d’écouter ses limites. Cette approche se retrouve dans ses activités : Gabrielle attache de l’importance à toujours montrer d’où elle vient, les difficultés qu’elle a pu rencontrer et celles qu’elle rencontre encore. C’est important de montrer que ce chemin se fait étape par étape et en être humble. Surtout, c’est vital de veiller à ne pas s’en demander trop et de respecter nos propres frontières. Autrement dit, il ne faut pas chercher à être des surfemmes et accepter de ne pas atteindre la pureté militante. Comme dit Gabrielle “éviter la course à qui à la plus petite [empreinte carbone]” !

2- Incarner le changement auprès de ses proches

Pas facile de gérer la charge émotionnelle face à ses proches, surtout s’iels sont peu engagé·es. Pour Gabrielle, il s’agit d’incarner plutôt que de moraliser. En effet, montrer l’exemple et ce que ça apporte de bon est aussi un formidable moyen d’embarquer autour de soi. D’autant que les relations sont précieuses et y aller frontalement n’apporte pas grand chose. Ainsi, Gabrielle a à cœur d’incarner ses convictions choisies pour embarquer avec enthousiasme et se préserver.

3- Être à l’écoute de soi

Être à l’écoute de soi c’est aussi remarquer les évolutions de nos convictions. Tel un roseau, Gabrielle sait que ses convictions peuvent évoluer et plutôt que plier sous la dureté de la pureté militante, elle préfère accepter certaines incohérences pour se préserver.

4- Normaliser notre vulnérabilité et nos émotions

En parlant de s’écouter (ce qui n’est en soi pas simple) nous évoluons vers le sujet des émotions. En effet, ce qui révolte gentiment Gabrielle, c’est que nous avons trop déshumanisé le travail et les relations humaines “où est passé le facteur humain au travail ? Où sont nos émotions ?” Ce fameux “salut, ça va?” auquel on ne prête que rarement attention à la réponse. Pourtant, les émotions colorent notre quotidien, il serait trop dommage de les ignorer !

En même temps, c’est parfois dur de mettre des mots sur comment on se sent et encore plus au travail. En discutant ensemble on se dit qu’il faudrait normaliser de ne pas aller toujours super bien.

Alors à nous tous·tes, normalisons, quand c’est le cas, de répondre “non, ça ne va pas”. Essayons autour de nous et prêtons attention aux réactions. Au travail mais aussi dans les milieux activistes, proches de l’éco-anxiété. Rien de plus efficace que de rendre visible quand “ça ne va pas”, pour éviter l’épuisement et le burn-out. Manager, manageuse, votre rôle d’impulsion pour encourager ces pratiques est crucial !

“Tu n’es utile à personne, à aucune cause ou aucun projet, si tu es en burn-out!”

5- Faire la part des choses

Avoir un travail de discernement entre le travail et les engagements et au milieu de tout ça, veiller à équilibrer sa charge mentale : “j’essaye de voir mon énergie”. Si les engagements nous guident dans nos actions, il faut aussi prendre soin de soi, ne pas être trop dur et ambitieux·ses dans nos objectifs.

Alors je retiens précieusement ses conseils : ose regarder, questionner et accepter tes propres incohérences pour in fine être en paix avec toi-même. Nobody’s perfect !

Une personne pacifiée pacifie le monde” – crédits citation à son ami Cyril Batolo, proche de la pensée de Thomas d’Asembourg


Certain·es d’entre vous ressentent peut-être comme une boussole interne qui les guide. Si c’est le cas, veillez à garder votre boussole intérieure active. Essayez de l’écouter et de vous écouter. Demandez-vous régulièrement ce qui compte pour vous dans l’écologie tout en ayant conscience de votre référentiel. Car l’écologie est partout, ce n’est pas un tiroir parmi d’autres, elle infuse et se vit de différentes manières.

Et si nous (re)prenions soin de nous, de nos proches et de ce qui nous entoure ? Ce serait déjà un grand pas pour l’humanité.

Merci à Gabrielle, alliée des Impactrices, de s’être prêtée à l’exercice.

Merci pour ses mots et conseils.

Merci pour cette discussion précieuse.

Pour aller plus loin

La bibliothèque à ressources de Gabrielle